Que se passe-t-il dans la tête d’un chroniqueur bloqué ?

Ceci est une photo qui illustre le problème.

 

Salut les dragonautes.

 

Ca fait un moment que je n’ai pas publié d’articles sur le blog (le dernier en date, sur les très bons Mystères de Larispem est de Kaolis) et le premier que je poste depuis une éternité porte sur… le fait que j’ai rien posté depuis une éternité. Vous devez donc vous dire : « Est-ce qu’il ne nous prendrait pas un petit peu pour des faisans ? », et c’est bien normal. (de penser ça hein, pas d’être un faisan. Si des plumes vous poussent à des endroits incongrus, consultez. Vraiment, faites-le.)

 

Et pourtant, c’est méga important pour moi de faire cet article un peu bizarre (je le reconnais volontiers) et notamment pour avancer sur la suite.

 

Alors de quoi qu’on parle aujourd’hui ? Du blog, de mon engagement en tant que chroniqueur, que je partage avec l’équipe, et de ma relation aux livres que je lis. Bref, de moi (#PsychothérapieBloguesque) mais aussi du rôle du blog et de son ambition (c’est pour ça, je me suis dit que ça pouvait peut-être vous intéresser un peu ?).

 

I – What about a dragon, c’est une équipe.

 

Premier constat, tout ce que vous lisez sur les réseaux de What about a dragon et sur le blog, c’est son équipe. Pas une version marketing de son équipe : juste son équipe. Bon, vous me connaissez surtout moi parce que je suis le plus actif mais justement c’est un peu le problème.

 

Alors, vous allez me dire : « Ouais, enfin c’est le concept du blog en même temps… Ou alors tu veux critiquer les petits copains ? », et non, je vous rassure tout de suite c’est pas du tout le but. Tout le monde s’investit personnellement dans le blog qu’il écrit ou participe à écrire, et s’il y a deux qualités indéniables de la sphère du blog littéraire et du booktube, ce sont la spontanéité et la sincérité.

 

En réalité, le problème que ça me pose pour écrire est tout autre. Il se résume ainsi :

 

J’écris comme je suis.

 

Et force est de constater qu’en plus d’un emploi du temps particulièrement chargé, me laissant peu de temps pour écrire, je suis perfectionniste et maniaque, incapable de laisser de côté un problème pour avancer sur d’autres choses avant d’y revenir. Avouez que ça n’aide pas à rédiger des chroniques.

 

Illustration ? La chronique de Boudicca. Je rêve de la sortir et de partager avec vous mon coup de cœur pour ce livre, mais je sèche. Je sais quelles sont les idées directrices de la chronique, je sais à peu près comment je veux les exposer, mais aucun résumé que je rédige ne me satisfait. Et me voilà donc devant une page quasi-vierge à me braquer sur un élément qui, au-delà de son absence d’importance relative (parce que bon, les quarts de couverture ça existe), pourrait être remis à plus tard. Pire : je suis incapable de changer de chronique tant que je n’ai pas fini celle-là ! (#J’aimeLesDifficultés)

 

Si des comparses rédacteurs passent par là, je rêve de savoir si d’autres partagent mon problème et comment ils s’en sortent avec ça !

 

II – What about a dragon, c’est la qualité avant la quantité.

 

Pas de séance d’auto-congratulation ici, simplement une note d’intention : nous privilégierons toujours la qualité de nos chroniques à leur quantité.

 

La raison à ça est assez simple quoiqu’un peu présomptueuse : nous pensons que chaque blog doit posséder un ton unique, quelque chose qui le caractérise et qui le distingue de ses camarades.

 

Notre ton, notre caractéristique, cette différence que l’on veut cultiver, c’est la profondeur de l’analyse. Nous ambitionnons de remonter aux sources des œuvres, d’en repérer les motifs sous-jacents, d’en décortiquer la saveur pour apporter un éclairage neuf et différent à des lecteurs déjà conquis.

 

En ce sens, nous parlons de chroniques et pas d’avis. D’abord, de façon très simple, parce que nous ne parlons que des livres que l’on aime. Si une chronique paraît sur What about a dragon, c’est que le livre nous paraît excellent, sinon, nous ne prendrions pas ce temps (attention toutefois, nous ne chroniquons pas pour autant TOUS les livres excellents que nous avons lu, et les autres supports, type Projet 365, sont là pour ça). Ensuite, parce que les avis, d’autres les rédigent beaucoup mieux que nous et sont bien plus efficaces pour parler des émotions qui les ont envahis devant tel ou tel ouvrage. Bref, à ce niveau-là, nous ne nous pensons pas spécialement légitimes. Enfin, parce que nous voulons encourager la relecture et la joie de la redécouverte.

 

Bon, vous allez me dire (vous êtes perspiloquaces™, dites donc) : « Mais quel rapport avec le fait que tu ne postes pas de chroniques ? »

 

La réponse est simple et se pose ainsi :

 

Je manque de temps et d’énergie.

 

Ouais, non, c’est tout… Je comprends que vous soyez déçus, mais encore une fois je rêve de trouver des solutions ! Rédiger cet article pour réactiver mes muscles d’écrivain et me rebooster en est une !

 

 

III – What about a dragon, ce doit être parfait.

 

Là c’est chaud de pas faire d’auto-congratulation, mais je vais essayer !

 

La précision de ce que l’on écrit, la quantité de recherches que nous effectuons, tout cela est important pour nous, et à travers le lecteur du blog, nous visons également l’auteur. Ça n’est pas une façon de se faire mousser ou d’obtenir un échange privilégié en dédicaces (même s’il faut reconnaître que c’est agréable), c’est surtout cerner ce qu’il a voulu écrire et ne pas commettre d’impairs.

 

C’est s’entendre dire : « Ils ont parfaitement cerné mon bouquin » et en être fier.

 

Le problème de cette fierté, il se pose ainsi :

 

Et si cette fois je me plantais ?

 

Cette rengaine, qui vient de la très forte exigence que nous portons à nos propres écrits, est un frein conséquent à l’écriture. C’est ce petit refrain qui bloque beaucoup d’autrices et d’auteurs lorsqu’ils écrivent leur deuxième roman (a fortiori s’il s’agit d’une suite du premier). Comment reproduire ce qui a fonctionné tout en se renouvelant et sans perdre sa pertinence ?

 

Je n’ai pas la recette miracle, et je suis pratiquement certain de ne pas y arriver à chaque fois.

 

La chronique de Boudicca (encore elle) fait ressortir chez moi ces questionnements de façon d’autant plus forte que j’ai déjà chroniqué le premier livre de Jean-Laurent Del Soccoro, que j’ai adoré les deux, que les thèmes abordés sont proches et que j’ai une peur viscérale de reproduire ma chronique de Royaume de vent et de colères.

 

Je souffre, de surcroît, du syndrome du superlatif qui provoque chez moi d’étranges symptômes (tendance forte à l’adoration, absence de gradation dans les éloges, amour inconditionnel).

 

Au final, malgré le peu d’audience dont nous disposons, je continue à me heurter aux fortifications mentales que j’érige régulièrement.

 

So what ?

 

Et bah à part cette histoire de faisan (vraiment, il faut aller voir un médecin), cet article remplit déjà son rôle. C’est la preuve que je peux écrire fluidement sur un sujet qui n’affecte personne d’autre. C’est un défi que je me suis lancé, et c’est une egothérapie qui marchera, je l’espère.

 

Je reviens bientôt (enfin relativement j’imagine ?) avec la chronique de Boudicca. J’espère que vous l’aurez tous lu quand elle sortira et que ma chronique vous donnera envie de le relire !

 

A bientôt les dragonautes, et n’oubliez pas, en attendant, de nous suivre sur les réseaux sociaux, de lire l’excellente chronique de Kaolis sur Les mystères de Larispem (dont le tome 2 vient de sortir).

 

Par ailleurs, si vous voulez participer à cet espace, nous proposer vos chroniques, vos nouvelles, vos billets d’humeur livresques, n’hésitez pas à nous en faire part !

 

Je vous dis à très vite pour la vidéo de l’interview de Mathieu Rivero et son magnifique t-shirt (#teasing) !

 

Draconiquement.

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