What about… Pandore ?

Photographie par Fabrice Buffart

 

Bonjour les dragonautes !

 

On se retrouve aujourd’hui pour parler… musique !

 

Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps je vous présentais le premier (et très bon) album de Camille Hardouin, Mille Bouches, et vous faisais part de mon envie de vous présenter d’autres artistes français talentueux. C’est ce que je fais aujourd’hui avec le second d’entre eux, dont les chansons m’ont sorti plus d’une fois des affres de la page blanche lors du NaNo : Pandore.

 

Mais, trêve d’introduction : comme dirait Dora, allons-y, let’s go.

 

Le projet

 

Pandore, ce sont avant tout des textes poétiques et intelligents portés par une voix sombre et une folk changeante, où les pulsions de vie transcendent les fascinations adolescentes.

 

Lorsqu’on plonge dans l’univers de cet artiste polymorphe, devenu Pandore après s’être longtemps appelé NeVroZ, on découvre, derrière des influences baudelairiennes impossibles à renier, une plume aussi intemporelle qu’actuelle.

 

Si ses textes empruntent des thématiques et un vocabulaire qui rappellent effectivement les poètes maudits, Pandore parvient à ne jamais singer leur manière d’être. Authentique jusqu’au bout des cordes, il fait partie d’une jeune garde de la chanson française qui se contente de livrer son âme sans céder aux sirènes d’un modernisme obsédant ou d’une instrumentation 90’s décidément très à la mode en ce moment.

 

Outre la grande qualité de ses textes, l’artiste séduit aussi par sa nonchalante justesse et le grain de sa voix qui accroche les tympans et délivre ses messages de la plus belle des façons. Les instrumentations sobres et les balades cyniquement efficaces achèvent de constituer le tableau d’un talent qui ne peut plus seulement être qualifié de « prometteur » (sa récente victoire au tremplin A Thou Bout d’Chant en est d’ailleurs la preuve tangible).

 

Actuellement sans support, EP ou album (ce qui, je l’espère, devrait changer bientôt), c’est la diversité de ses vidéos postées sur Youtube et la qualité de ses prestations scéniques qui nous renseignent le mieux sur l’état d’esprit qui habite ses chansons. (ça, et l’interview qu’il m’a très gentiment accordée et que vous pouvez retrouver ici !)

 

Puisque je ne peux pas vous emmener avec moi en concert, c’est donc un voyage à travers le temps que je vous propose à travers un panorama des chansons qui me touchent et qui, je l’espère, sauront vous plaire également.

 

Les chansons

 

A&C

 

 

Si on restait dans la lumière, les yeux écartelés par tant de gloire artificielle ?

 

La nuit est un objet de contemplation pensive. Reflet d’un crépuscule bel et bien mort, elle séduit par son mysticisme et sa quiétude.

 

A&C est à cette image : chanson calme et mystique, bâtie sur une guitare redondante et une sirène elliptique qui hypnotisent et entraînent au fond de soi. Ce que je pense être une boîte à rythme renforce la solitude poignante d’un poète désabusé qui se joue des mots.

 

Chanson d’entrée ou de sortie du chemin que je vous propose, A&C possède la justesse des moments de lucidité où tout est sombre.

 

Eblouis par les phares, éblouis par les fards…

 

Le jeu

 

 

Cette mise en musique d’un texte de Baudelaire devait figurer dans cette liste, ne serait-ce qu’au regard de la puissance de l’interprétation et de l’efficacité de la mélodie, commencée en basse et achevée en progression tonique.

 

Surtout, Pandore fait de ce jeu une occasion de montrer l’étendue de sa voix et du spleen qui la meut sans tomber dans l’écueil fréquent du passage en force.

 

La capacité à dépasser la désuétude des mots pour porter le sens d’un texte pourtant ancien dénote l’intensité poétique qui habite l’artiste d’une manière au moins aussi nette qu’avec ses propres chansons.

 

Et mon cœur s’effraya d’envier maint pauvre homme, courant avec ferveur à l’abîme béant, et qui, saoul de son sang, préférerait en somme la douleur à la mort et l’enfer au néant.

 

Les passagères

 

 

Les passagères mettront le feu à ce que t’es.

 

Balade sombre et puissante, c’est cette chanson qui m’a fait sombrer dans l’univers de Pandore. Après une écoute névrotique des jours durant (cette chanson étant mon principal remède contre la page blanche), je prends aujourd’hui encore la mesure de l’ampleur du texte.

 

J’écrivais plus haut de Pandore qu’il dépassait les pensées juvéniles, mais ce texte est peut-être le plus parfait contre-exemple à cet argument. Les passagères EST le spleen adolescent dans son entièreté. Qu’il s’agisse de son ambiance obscure, de sa mélodie lancinante, de son chant âpre ou plus généralement de son thème, il y a dans le texte un moment d’absolu très beau. Tout simplement.

 

Live

 

 

Que la beauté te pardonne d’avoir par malheur aussi le triste QI d’une pomme et le dialecte d’une truie.

 

On pourrait reprocher à Pandore de disposer d’un répertoire sinon pessimiste à tout le moins peu joyeux. Ce serait ignorer son humour et sa capacité (nouvelle si on en croit l’interview) à rire des situations et de lui-même sur scène.

 

C’est là est une Ronsarderie piquante et un texte très fin malgré un propos… peu avenant ?

 

Sur une mélodie légère, le détachement de la voix trouve un écho dans les non-dits de certaines rencontres. Le public de la vidéo ne s’y trompe d’ailleurs pas, et cette chanson mérite sa place dans ce parcours.

 

Pourtant de votre beauté madame, je n’y vois rien valant le coup, à part le vide de votre âme et les relents venant d’égouts.

 

Lacérer mon âme

 

 

Amour perdu entre les lignes du temps, est-ce que tu me reviendras ?

 

Résolument rock, Lacérer mon âme dénote du répertoire récent de Pandore avec ses deux guitares saturées et son rythme brutal.

 

Le texte prend aux tripes de manière inhabituelle chez l’auteur en jouant sur la violence de l’adresse faite à un(e) partenaire imaginaire contrebalancée par l’incise d’un texte de Baudelaire déclamé avec douceur. Cette polyrythmie vocale créé un effet des plus intéressants et constitue l’une de ses meilleures chansons.

 

A cette maîtrise de l’intention musicale s’ajoute un texte mature qui distribue les symboles et permet de réaliser la fulgurante progression de la plume de l’artiste.

 

Baise-moi mais n’oublie pas de venir lacérer mon âme.

 


Pour retrouver l’interview de Pandore, c’est ici !

Pour suivre l’actualité de cet artiste, rejoignez sa page Facebook : https://www.facebook.com/lesmotsdepandore/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *