Plumorama : Olivier Gay

 

Salut les dragonautes !

 

Jour férié ou pas, c’est l’heure de la traditionnelle interview et c’est aujourd’hui Olivier Gay qui a accepté de répondre à nos questions. Merci pour cet instant volé avant une table ronde !

 


 

What about a dragon ?

 

Bonjour Olivier Gay !

 

Vous êtes un auteur prolifique : plusieurs sagas de fantasy aux éditions Bragelonne (La Main de l’Empereur et les Épées de Glace), du polar aux éditions du Masque, du young adult aux éditions Rageot… Récemment, ce sont le tome 2 de la Main de l’Empereur et le premier volet d’une nouvelle série, La Magie de Paris, qui sont parus respectivement chez Bragelonne et Castelmore.

 

Merci donc d’avoir accepté de prendre le temps de répondre à nos questions dans le cadre de ce panorama des plumes de l’imaginaire !

 

Première question, je sais qu’elle est fréquemment posée en salon : est-ce que vous vivez de votre plume ?

 

Olivier Gay

 

Oui !

 

WAAD

 

Est-ce que tu as l’impression que c’est devenu plus dur ces dernières années ?

 

Olivier Gay

 

Je n’ai pas connu les années précédentes mais par rapport à ce que me disent tous les auteurs qui les ont connues, et par rapport à ce qu’on voit des tirages, oui. En 15 ou 20 ans, on a multiplié par trois le nombre de publications. Le marché n’a pas diminué, certes, mais en moyenne ça veut dire trois fois moins de droits d’auteurs pour les écrivains.

 

WAAD

 

Récemment, on entend beaucoup parler du syndrome de l’imposteur. Pour résumer, il s’agit du sentiment d’illégitimité que peut avoir un artiste vis-à-vis de ses pairs et de son art lui-même. Est-ce que ça vous parle ?

 

Olivier Gay

 

Pour le coup, non. J’ai toujours voulu et aimé écrire. C’est sûrement de l’orgueil mais je suis assez content globalement de la plupart de mes livres. Il y en a toujours que je préfère mais je ne me sens pas honteux par rapport à mes lectures (sans pour autant me dire que je suis le meilleur, bien sûr). Par ailleurs, dans ce métier, les gens te suivent sur une série par plaisir. Donc mécaniquement, si ton tome 2 marche, c’est que ton tome 1 a plu. Cela étant, plein de super bouquins sont écrits par des gens qui ont moins de chance et qui ne trouvent pas leur public alors qu’ils le mériteraient.

 

WAAD

 

En ce moment, il y a en France, et un peu partout en Europe, un vrai mouvement de fond pour une meilleure reconnaissance de l’importance des auteurs dans le milieu du livre (pétition du SELF, développement de la Charte des auteurs jeunesse, etc.), est-ce que vous suivez ces mouvements / vous reconnaissez dans ces revendications / en êtes éloignés ?

 

Olivier Gay

 

Je les soutiens à mort. D’abord, Samantha est une amie. Je la soutiens et j’ai même un peu honte de moi dans le sens où on l’envoie au front prendre les coups à notre place. Elle ne défend pas seulement les auteurs, elle est autrice aussi ! Nous on est bien au chaud dans nos maisons d’édition, sans trop oser élever la voix. Elle, elle n’hésite pas à se brouiller et c’est hyper courageux. C’est donc la moindre des choses d’être derrière elle. On est derrière une barricade à dire : « Vas-y, vas-y, défonce-les ! » mais on est derrière la barricade quoi…

 

WAAD

 

Est-ce que vous vivez certaines situations comme des injustices en tant qu’auteur ?

 

Olivier Gay

 

La plus grosse injustice c’est qu’on ne connaît pas nos chiffres de vente. Pour les connaître, on doit payer des abonnements à des sites pas super fiables ou supplier nos éditeurs, qui parfois jouent le jeu et parfois non. La moindre des choses serait de connaître, a minima mensuellement, où en sont nos livres. Des fois tu apprends tardivement que ton livre a été cédé à l’étranger, ou qu’il sortira en poche. L’information des auteurs laisse à désirer. Cela étant, j’ai la chance de vivre de ma plume, mes livres se vendent bien, j’ai donc la chance de pouvoir obtenir des conditions qui me conviennent pour l’instant. A titre personnel, je ne vis par conséquent pas d’injustices. Toutefois, je suis un homme – c’est peut-être plus dur pour une femme dans le métier – et j’ai la chance de bien vendre.

 

WAAD

 

Souvent on parle d’architectes, c’est-à-dire d’auteurs qui planifient leur roman de A à Z avant d’écrire, de jardiniers, qui laissent vivre leurs personnages, ou d’employés polyvalents (OK, celui-là est de moi), comment vous vous positionnez par rapport à cette question de la plus haute importance ?

 

Olivier Gay

 

Jardinier, mais genre à 100% ! Je suis complément déséquilibré en pourcentage. On dit souvent que les gens sont 40% l’un, 60% l’autre, moi non. Je fais jamais de plan, jamais rien. Mes éditeurs s’arrachent les cheveux, mais ça marche et ça m’amuse. Si je faisais de l’architecture, ça m’ennuierait très vite. Au début, pour signer un contrat on me demandait un synopsis détaillé chapitre par chapitre. Ça me gonflait et de toute façon je ne le respectais pas. Jardinier à fond.

 

WAAD

 

Pour terminer, et avant de vous remercier, avez-vous des choses à ajouter ou dont vous voudriez parler ? Avez-vous des projets dans les tiroirs ?

 


Olivier Gay

 

Je soutiens vraiment les combats de la Charte. Néanmoins, même lorsque l’on dit qu’on ne touche que 8 à 10% de droits d’auteur, il y a une grande part de pourcentage qui va aux libraires qui ne roulent pas vraiment sur l’or non plus. De même, les maisons d’édition galèrent souvent sans best-sellers. La question c’est comment rémunérer à sa juste valeur l’écrivain en permettant à tous les autres de la chaîne du livre de vivre.

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