Plumorama : Erik L’Homme

Photographie Pascale Lourmand

 

Joie immense d’accueillir l’auteur qui a accompagné ma jeunesse ! Erik L’Homme a accepté de participer au Plumorama et je l’en remercie vivement ! A très bientôt !


 

What about a dragon ?

 

Bonjour Erik L’Homme !

 

J’ai littéralement grandi avec vos romans. Enfant, je reproduisais les graphèmes du Livre des étoiles dans mes cahiers, avant d’entamer à l’adolescence la lecture des Maîtres des brisants. Aujourd’hui adulte, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai dévoré Phaenomen (que je continue à offrir autour de moi comme autant de garanties de bonne lecture). C’est donc un très grand plaisir pour moi de vous accueillir dans nos colonnes.

 

Merci d’avoir accepté de prendre le temps de répondre à nos questions dans le cadre de ce panorama des plumes de l’imaginaire !

 

Première question, je sais qu’elle est fréquemment posée en salon : est-ce que vous vivez de votre plume ?

 

Erik L’Homme

 

J’ai cette chance.

 

WAAD

 

Est-ce que vous avez l’impression que c’est devenu plus dur ces dernières années ? Pour quelles raisons selon vous ?

 

Erik L’Homme

 

Je vivais beaucoup mieux il y a quinze ans qu’aujourd’hui. Cela peut s’expliquer par l’inconstance du succès et la fluctuation de mes chiffres de vente, mais aussi à un niveau plus général par l’accroissement considérable des titres paraissant chaque année et la détérioration flagrante de la condition d’auteur.

 

WAAD

 

Récemment, on entend beaucoup parler du syndrome de l’imposteur. Pour résumer, il s’agit du sentiment d’illégitimité que peut avoir un artiste vis-à-vis de ses pairs et de son art lui-même. Est-ce que ça vous parle ?

 

Erik L’Homme

 

Ma première série, « Le livre des étoiles », a rencontré un grand sucès et je me suis souvent demandé s’il était aussi bon que ça ou si je m’étais simplement trouvé au bon endroit au bon moment. Quinze ans plus tard, je suis toujours dans la course et mes romans se vendent encore, ce qui tend à montrer que la réalité ne procède pas d’un sentiment !

 

WAAD

 

Qu’est-ce que c’est un auteur pour vous ? Et qu’est-ce qu’il faut pour être professionnel ?

 

Erik L’Homme

 

Un créateur de choses littéraires ? L’aspect professionnel, lui, peut s’appréhender sous deux aspects : le sérieux que l’on met dans son travail et le contrat qui en fait une activité lucrative.

 

WAAD

 

En ce moment, il y a en France, et un peu partout en Europe, un vrai mouvement de fond pour une meilleure reconnaissance de l’importance des auteurs dans le milieu du livre (pétition du SELF, développement de la Charte des auteurs jeunesse, etc.), est-ce que vous suivez ces mouvements / vous reconnaissez dans ces revendications / en êtes éloignés ?

 

Erik L’Homme

 

Je suis ce mouvement avec attention et je partage la plupart des revendications portées par les regroupements d’auteurs. Je crois que nous sommes confrontés à une situation inédite : la société du spectacle qui est la nôtre réclame toujours plus d’échappatoires aux créateurs d’imaginaire et paradoxalement leur dénie le droit de vivre correctement. On en a eu récemment l’illustration avec la réforme brutale de l’IRCEC et l’augmentation de la CSG sans contrepartie…

 

WAAD

 

Est-ce que vous vivez certaines situations comme des injustices en tant qu’auteur ?

 

Erik L’Homme

 

Bien sûr. La plus flagrante à mon niveau reste la différence de traitement entre auteurs de livres jeunesse et auteurs de livres adulte : droits plus faibles, accès limité aux médias, reconnaissance médiocre…

 

WAAD

 

Si on s’intéresse maintenant à l’écriture proprement dite, est-ce que vous suivez un processus d’écriture particulier quand vous créez ? Des horaires fixes, une cadence, quelque chose comme ça ?

 

Erik L’Homme

 

Je travaille surtout en tension, en fonction d’objectifs que je me fixe moi-même, un œil sur le calendrier (je mets toujours un point d’honneur à rendre mes textes en temps et en heure). Donc de grosses périodes de travail et d’autres de relâche.

 

WAAD

 

Souvent on parle d’architectes, c’est-à-dire d’auteurs qui planifient leur roman de A à Z avant d’écrire, de jardiniers, qui laissent vivre leurs personnages, ou d’employés polyvalents (OK, celui-là est de moi), comment vous vous positionnez par rapport à cette question de la plus haute importance ?

 

Erik L’Homme

 

Je suis assez franchement architecte. Même si je prends soin d’aménager de nombreux jardins dans mes bâtiments !

 

WAAD

 

Pour terminer, et avant de vous remercier, avez-vous des choses à ajouter ou dont vous voudriez parler ? Quels sont vos projets du moment ?

 

Erik L’Homme

 

Je viens de faire paraître chez Gallimard Jeunesse un roman young-adult, un one-shot futuriste qui s’intitule « Nouvelle Sparte », que j’ai voulu dense et poétique. Je me prépare également à la sortie de mon premier livre adulte (de littérature générale) début janvier, une cavale mystique et déjantée, chez Calmann-Lévy.

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