Les Sœurs Carmines… sur le divan.

Couverture par Melchior Ascaride (é-vi-de-mment)

 

Salut les dragonautes !

 

On inaugure aujourd’hui un nouveau concept de chronique sur le site.

 

L’idée ? Faire dialoguer un psy imaginaire de l’imaginaire (ça fait deux fois imaginaire mais je suis un malade, ce qui est dans le thème) et un roman sur des thèmes divers et variés. Parfois à vocation humoristique, parfois non, ces articles sont l’occasion de découvrir des plumes et de varier les citations.

 

Mais chut, j’entends un premier patient qui s’approche…

 

* * *

 

WYATT A. DRAGON

 

— Entrez, entrez, prenez-place sur le divan, Ouvrage. Vous n’avez pas eu trop de mal à trouver ?.

 

LES SŒURS CARMINES

 

— A Grisaille, de la brume, il y en avait partout : parmi les ruelles scabreuses, à travers les allées malsaines, au fin fond des impasses, au pied des gargouilles, devant les vitraux des cathédrales, sous les lampes à gaz, entre les pavés toujours humides de pluie ou de sang…

 

WYATT A. DRAGON

 

— Eh bien… On va prendre ça pour un oui… Alors, racontez-moi un petit peu pourquoi vous êtes là ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Il n’y avait pas eu grand-chose à manger à ce bal. Mais à boire…

 

WYATT A. DRAGON

 

— Ah, problème d’alcool, je connais ! Enfin, professionnellement j’entends.

 

LES SŒURS CARMINES

 

— L’oiseau matinal attrape le ver.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Je… Qu’est-ce que… D’accord. Et ça fait longtemps ce problème ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Prendre les jouets des autres avait toujours été son occupation favorite.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Donc c’est quelque chose d’un peu ancré alors ? Une sorte de besoin irrationnel ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Autant essayer de raisonner un tremblement de terre ou de faire de la peine à un incendie…

 

WYATT A. DRAGON

 

— Non, non, ne vous avouez pas vaincu, avec l’aide adéquate et du temps vous pourrez tout à fait surmonter ce problème.

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Il n’y a que deux choses sur lesquelles vous pourrez toujours compter : la grisaille du ciel, et votre famille. En fait, il y a trois choses sur lesquelles vous pourrez toujours compter…

 

WYATT A. DRAGON

 

— Ah, et quelle est la troisième alors ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— La Mort…

 

WYATT A. DRAGON

 

— D’aaaaaaccord… Bon, en tout cas on avance, c’est très bien. Vous parliez d’un bal tout à l’heure, vous pouvez m’en dire plus ? C’était en lien avec les miséreux de Grisaille ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Oui, un bal de charité CONTRE les miséreux. Pas POUR les miséreux.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Ah. Telle ville tels mœurs comme on dit.

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Moi je trouve ça bien d’être trop rêveur, c’est juste que ça empêche d’être bien coiffé.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Vous savez que vous avez le chic pour être…

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Réjouissant. Mais je le savais déjà.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Oui, si vous voulez, réjouissant… Je pensais plus à « déprimé ».

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Quelle perspicacité !

 

WYATT A. DRAGON

 

— Ah non, hein ! Pas de moquerie, s’il vous plaît, nous sommes dans un cadre thérapeutique !

 

LES SŒURS CARMINES

 

— C’est bon ? Tu as fini de piquer ta crise ?

 

WYATT A. DRAGON

 

— Et vous me tutoyez maintenant ! Encore une remarque de ce type et notre entretien est terminé !

 

LES SŒURS CARMINES

 

— J’ai très faim parce que je n’ai pas mangé ma bouillie de pommes de terre. Ca s’appelle de la purée, en général. Mais pas quand c’est Tristabelle qui la fait (d’après Merry). J’en ai marre des pommes de terre.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Oui, enfin la faim n’excuse pas tout non plus hein…

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Elle me rend folle !

 

WYATT A. DRAGON

 

— Bon, eh bien arrêtons l’entretien ici, et allez manger. Quelque chose à rajouter ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— Un des médecins m’a demandé pourquoi j’étais là. J’ai dit que j’avais faim et que j’étais venue pour la tourte. Ensuite, il m’a demandé si j’avais mangé de la tourte ici ces derniers temps. J’ai répondu que non, pas depuis au moins une semaine, et que j’en avais très envie ! Alors il m’a dit qu’il me donnerait un quignon de pain et des bâtons de réglisse. Mais uniquement si j’allais jouer ailleurs et que je disais à ma famille de m’enterrer dans de la chaux vive si je mourais dans les prochains jours.

 

WYATT A. DRAGON

 

— Et ?

 

LES SŒURS CARMINES

 

— J’ai dit d’accord, même si j’aime pas trop la réglisse.

2 réflexions au sujet de « Les Sœurs Carmines… sur le divan. »

Laisser un commentaire