What about… 5 conseils pour les amateurs de manga ?

Salut les dragonautes !

J’espère que vous allez toujours bien, et que le confinement ne paralyse pas trop vos envies d’évasion littéraire ?

En attendant de se remettre à l’écriture d’articles plus denses, je ne pouvais pas résister à l’idée de vous partager ces quelques coups de cœur dans la sphère manga ! Quatre séries découvertes récemment et une chaîne Youtube, voilà ce que je vous propose au menu aujourd’hui, alors on s’y jette !

1/ Billy Bat, de Takashi Nagasaki (scénario) et Naoki Urasawa (scénario et dessin)

J’ai dit « découvert récemment », ce qui n’implique pas forcément « récent », et c’est donc avec une série un peu ancienne (et épuisée en France) qu’on commence cet article.

(Quoi, qui a dit « Oh… » ? Je vous entends, hein !)

Le premier manga dont j’avais très envie de vous parler, donc, après l’avoir terminée en un temps record, c’est Billy Bat, du maître Urasawa (auteur des merveilleux Monster, 20th Century Boys et Pluto), assisté au scénario, sur cette série, par Takashi Nagasaki.

Décortiquer cette œuvre est complexe, et il y aurait sans doute un article complet à rédiger pour espérer au moins balayer l’ampleur de ce manga. Disons pour l’instant ceci : Billy Bat est une plongée sombre dans l’Histoire récente (des années 30 à un futur proche), qui entremêle les destins de plusieurs générations de personnage autour d’une mystérieuse chauve-souris (qui donne son nom au manga).

Vous en dire trop gâcherait sans doute beaucoup des surprises que renferme cette œuvre, mais Urasawa n’a jamais livré une œuvre aussi métaphorique et personnelle que celle-ci (pourtant paradoxalement coécrite). En perturbant les attentes du lecteur sur la narration, en mettant en abyme le dessin dans le dessin, en créant une galerie de personnage parfois caricaturaux mais surtout attachants, le maître parvient sans peine à nous tenir en haleine, jusqu’à une fin qui pourrait, à elle seule, valoir son analyse.

Bref, ça a été un coup de cœur immense et intégral. Sombre et glaçant, souvent, mais à mon avis faussement pessimiste. (et si vous appréciez ce manga, vous pourrez livre le reste de son œuvre, qui s’est hissée au rang de classique)

2/ Blue Lock, de Kaneshiro Muneyuki (scénario) et Nomura Yusuke (dessin)

Commençons par une petite anecdote : enfant, le premier manga que j’ai acheté et dévoré était Captain Tsubasa (qu’on connaît en France sous le nom Olive et Tom). Depuis ce jour, je voue un certain culte aux mangas de sport, et notamment de football, ce qui ne manque jamais de surprendre mon entourage, et je suis donc toujours curieux des nouveautés en la matière.

Blue Lock fait donc partie de ces découvertes nouvelles, dont le synopsis m’a immédiatement interpellé : afin de mener l’équipe nationale du Japon à la victoire en Coupe du Monde, la fédération de football japonaise autorise la mise en place du projet Blue Lock, consistant à enfermer 300 attaquants dans un centre dernier cri et à les faire s’affronter jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. L’objectif : créer l’attaquant ultime, qui fait passer son ego avant tout le reste.

Ça vous paraît stupide ? Oui, bon, j’avoue, moi aussi, surtout que tout le monde est bien trop investi à mon sens. Cela étant, et c’est ce qui fait la force de cette œuvre : le football n’est pas ici le prétexte à une énième histoire d’amitié. C’est même tout à fait l’inverse : si le manga regorge de moments de camaraderie, c’est pour mieux mettre en exergue les trahisons, les doutes et les pulsions de victoire.

Parce qu’un Battle Royale, fût-il sportif, et même si les enjeux sont restreints, ce n’est pas l’occasion de s’amuser ou de profiter de la vie. Le protagoniste devra donc se dépasser (classique), mettre de côté ses doutes (classique aussi), trahir ses amis et s’assurer de gagner en toute circonstance (ah, moins classique du coup).

Je vous conseille donc ce manga si, comme moi, vous aimez les œuvres de sport, mais également si vous êtes curieux de découvrir ce que peuvent bien être les épreuves auxquels sont confrontés des sportifs de haut niveau dans une élimination impitoyable.

3/ Ballroom e Youkoso, de Tomo Takeuchi

Toujours du sport, c’est vrai, mais avec un sens du déjà-vu moins prononcé a priori puisque Ballroom e Youkoso nous immerge dans le milieu méconnu de la danse sportive.

Avec un style graphique extrêmement évocateur et un sens du mouvement brillant, l’auteur confectionne ce que je qualifierais de « faux shônen de sport » (un peu à la manière d’Haikyû de Haruichi Furudate). Ici, donc, une progression du personnage, disposant évidemment de prédispositions pour la danse et d’un sens du travail que ne renierait pas Stakhanov, mais surtout une perspective sur la mentalité des danseurs, le sens du sacrifice et surtout, surtout, sur la notion de couple, au cœur de la discipline.

L’œuvre s’abstrait assez facilement de son public destiné (a priori les jeunes garçons) et traite de thématiques qui concernent, à mon sens, plus facilement les adultes : le sens qu’on donne à ses passions, la place qu’occupe le concept de féminité dans nos sociétés, etc.

A ce titre, si l’un des arcs a pu me gêner dans sa façon de dépeindre les femmes comme des petits êtres fragiles, qu’ils conviendraient de brusquer pour leur bien, la série fait bien plus que se rattraper (à mon sens) et offre un contrepoint direct et immédiat à ce qui aurait pu passer pour un biais un chouïa rétrograde.

Caveat toutefois, la série est actuellement en hiatus du fait de la santé détériorée de l’auteur, il n’est pas donc pas exclu qu’elle s’arrête brutalement, laissant les lecteurs dans la tristesse et l’attente.

4/ Jujutsu Kaisen, de Gege Akutami

Ça y est ! Enfin un manga « mainstream » et accessible en France dans ces conseils !

Pour être honnête, je ne sais pas ce qui m’attire dans Jujutsu Kaisen, pour la simple et bonne raison qu’à chaque fois que je le résume à quelqu’un, je finis par dire : « En gros, c’est un shônen shônenesque, qui fait un peu tout comme tous les autres. ».

Néanmoins, comme le dit le proverbe inventé pour l’occasion : ce sont dans les vieux chaudrons qu’on fait les meilleurs exorcistes.

Jujutsu Kaisen, donc, est une histoire d’exorciste, qui débute lorsque le protagoniste avale un doigt momifié pour… eh bien pour des raisons. Sans le savoir, il découvre que circulent, dans notre monde, des Malédictions, créatures désincarnées et hideuses, nées de l’accumulation des émotions négatives des humains. Les éradiquer est la tâche des exorcistes, et c’est que notre héros va devoir devenir bien malgré lui.

Si ici les œuvres faisaient la part belle à une certaine subtilité du propos, ce n’est pas exactement le cas ici. Jujutsu Kaisen dépote et enchaîne les séquences d’action, mâtinées d’horreur, avec une efficacité redoutable.

Alors qu’est-ce qui justifie de lire ça plutôt qu’un des autres shônen du moment ? Je n’ai aucune bonne réponse à apporter. J’ai été happé par un univers qui m’a semblé plus cohérent et sérieux que les autres productions actuelles, et par ce ton qui oscille constamment entre horreur et action.

Je ne vous le conseillerai pas si je ne pensais pas que l’œuvre possédait ce petit quelque chose d’extraordinaire capable de capturer votre cœur de lecteur, alors foncez vous faire votre avis !

5/ L’étagère à mangas, par Vincent Mondiot

Enfin, ma dernière recommandation, mais non des moindres, est une chaîne Youtube que je vous conseille – que dis-je : vous somme – de découvrir : celle de l’incroyable Vincent Mondiot, auteur aux éditions Mnémos des Mondes Miroirs, mais aussi blogueur sur Survivre la Nuit (allez-y et lisez) et créateur du formidable Terrotriste (que j’espère chroniquer un jour, tant c’est une œuvre puissante).

Dans cette émission née du confinement, et forcément un peu « amateur » dans la réalisation, Vincent Mondiot nous présente des œuvres méconnues (ou en tout cas sous côtées à son sens) et tente, avec passion, de nous donner envie de les lire.

Jusque là, vous me direz, rien de très original.

Sauf que Vincent Mondiot ne sait pas être chiant. Il ne sait pas donner un fait sans l’agrémenter d’une anecdote ou d’une extension vers un autre sujet. Et comme c’est un auteur brillant et quelqu’un qui sait révéler le sens des choses, c’est tout simplement passionnant, parce qu’à partir d’un manga, et d’une passion sincère, on découvre des pensées et des cheminements qui amènent ailleurs.

Voilà, c’est ça : tout simplement passionnant. « Tout simplement », parce que vous ne trouverez pas ici de cuts hyper dynamiques ou de montage merveilleux, et « passionnant », pour tout ce qui est dit plus haut.

On ressort de chaque épisode avec l’envie de lire et l’impression d’avoir appris quelque chose. C’est un sentiment précieux, à mon sens, et j’espère que vous le partagerez également !

En bref, c’est court, et ça mérite votre oreille attentive !

So what ?

Eh bien so j’espère que ça vous aura donné envie d’aller découvrir tout ça !

Si vous avez des suggestions récentes, je suis évidemment preneur, et j’adorerais parler mangas avec vous, en commentaires ou sur Twitter !

Je vous dis quoi qu’il en soit à très vite, et pense vous retrouver très bientôt avec un nouvel article !

Portez-vous bien !

Draconiquement,

2 réflexions au sujet de « What about… 5 conseils pour les amateurs de manga ? »

  1. En ce moment je lis « March comes in like a lion » de Chica Umino.
    Il ne faut pas se fier au style shojo de l’auteure, qui aborde des sujets plus sérieux qu’il n’y paraît (le manga est édité chez Big Kana, ce n’est pas pour rien). Une série à la fois douce et mélancolique, teintée d’humour, et des personnages forcément attachants. Bref les ingrédients habituels de l’auteure, ici sur fond de tournois de shôgi.

    1. Trop bien ! J’ai dévoré tous les tomes également (mais je suis un très grand fan de shôgi, ça joue ^^ ») ! Belle lecture alors, si tu n’as pas encore fini 😉

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